Rabindranath TAGORE, Le jardinier d’amour, traduit par H. Mirabaud-Thorens, La jeune lune, traduit par Mme Sturge-Moore, nrf, Gallimard, 1950, 220 p.

Quatrième de couverture : «Quelle que soit la disparate de ses tons et de ses thèmes, Le Jardinier d’amour s’enracine dans un espace humain dont l’unité s’impose au lecteur jusqu’à la monotonie et qui est l’envers même du décor de la fable et de la cour ; l’espace extraordinairement cohérent et terriblement concret d’une communauté villageoise archaïque aux prises avec le problème quotidien de sa subsistance. Et s’il est une philosophie éparse jusque dans ses poèmes qui en paraissaient d’abord les plus dépourvus, celle-ci s’exprime dans le refus de toute transcendance de l’amour de la finitude qui ont inspiré à Tagore la solennité dolente de son hymne à la Terre :

LXXIII
Ô Terre, ma patiente et sombre mère, ta richesse n’est pas infinie.
Tu te fatigues à nourrir tes enfants ; mais la nourriture est rare.
Les joies que tu nous offres ne sont jamais parfaites.
Les jouets que tu fabriques pour tes enfants sont fragiles.
Tu ne peux satisfaire nos insatiables espoirs ; te renierai-je pour cela?
Ton sourire assombri par la douleur est doux à mes yeux. [ … ]
J’ai vu la douceur de ton visage et j’aime ta lamentable poussière, ô mère Terre.
»

Jean-Michel Gardair.