Aperçus biographiques : (1890-1978), D’origine très modeste (fils d’un cordonnier, reçu à l’ENS, agrégé), il a incarné le type de l’humaniste de gauche, soucieux d’opposer à la culture égoïste bourgeoise la générosité de l’esprit populaire. Son engagement politique s’exprime entre les deux guerres, dans la direction de la revue Europe, de 1929 à 1936, puis comme fondateur de l’hebdomadaire Vendredi avec André Chamson, dans la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Il se consacra à la critique littéraire (Rousseau) et à l’écriture de nombreux ouvrages dans lesquels il proposait un humanisme original. Citons entre autres L’Évangile éternel (1927), Caliban parle (1928), Jean-Jacques en marge des Confessions (1948), Jean-Jacques, roman et vérité (1950), Jean-Jacques, grandeur et misère d’un esprit (1952), La Foi difficile (1957), Jean-Jacques, histoire d’une conscience (1962), Caliban et Prospero (1969). Académicien à partir de 1962.

Introduction au livre par l’auteur : « Caliban grogne et, toute sa vie, gronde et se cherche en ce grognement. Prospero parle, et quelquefois si bien qu’il semble que sa parole suffise à mettre tout en ordre, le monde et la vie. Entre ce grognement et ce langage paraissent tenir tout le progrès des hommes et toute leur histoire. Mais c’est une question de savoir ce que vaut ce grognement originel, ce qu’il contient…J’ai vu tout au long de ma vie la bataille devenir générale et il m’a semblé que Caliban et Prospero ferait, après tout, un assez bon titre pour ce psychodrame, comme on a dit, pour cette révolution universitaire et culturelle qui se développe depuis l’an passé. »
Jean Guéhenno, 1968.

Poids 220 g
Dimensions 3 × 12 × 18 cm