Aperçus biographiques : (1910-1986), abandonné par son père, par sa mère, élevé par l’Assistance publique, puis confié à huit ans à des paysans du Morvan, il sera à dix ans enfermé dans une maison de redressement. Rejeté, il rejette en bloc toute structure, toute valeur sociale. Il s’enfuit, s’engage dans la Légion étrangère et déserte. Il vagabonde, vit d’expédients. Genet se veut inverti – pas seulement au niveau sexuel, provocation première, il est le miroir à l’envers de l’ordre moral, et tend à cet ordre son portrait retourné. Après un passage dans l’Allemagne nazie, Genet rentre en France. Après quelques fricfracs, Genet se retrouve en prison. Dans sa cellule, il est initié à la poésie par un de ces codétenus. Il écrit le Condamné à mort, poème qui raconte son amour pour son ami Maurice Pilorgue condamné à mort et guillotiné en 1939. Ce qui, dans un premier temps, fut sans doute un exutoire va déboucher sur une vraie rage d’expression : pendant vingt ans, Genet ne cessera d’écrire. Enfermé à la Santé, il rédige Haute Surveillance et Notre-Dame-des-Fleurs (1944). Suivront Miracle de la rose (1946), rêverie sur la carcéralité, Pompes funèbres, évocation du Paris sordide des collabos – et des F.F.I., et Querelle de Brest (1947). De bonnes fées se penchent sur le berceau de ces œuvres : Sartre et Cocteau lancent Genet, Louis Jouvet lui commande une pièce : ce sera les Bonnes…

Quatrième de couverture : «Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c’est en vous qu’elle produit des remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : « Un gars qui a de la gueule. » Les traits délicats de Pilorge étaient d’une violence extrême. Leur délicatesse était violence.» Plus qu’une autobiographie précise, c’est une transfiguration légendaire de l’existence juvénile vouée au vol et à l’homosexualité : « ma vie doit être légende et sa lecture donner naissance à quelque émotion nouvelle que je nomme poésie. Je ne suis qu’un prétexte« . Extraits du Journal du voleur.

Poids 271 g
Dimensions 3 × 12 × 18 cm