Aperçus biographiques : (1869-1951) Père prof de droit, mère héritière d’une riche famille rouennaise. Enfance difficile (crises nerveuses), orphelin de père à onze ans. Les premiers livres parlent de sa jeunesse, de son amour mystique pour Madeleine, sa cousine, qu’il épousera (mariage blanc car Gide est homosexuel). Ces livres le consacrent comme écrivain, maître du symbolisme, parmi un public confiné.  De retour de deux voyages qui le conduisent en Afrique, il rompt avec le milieu symboliste. Les Nourritures terrestres (1897) marquent l’épanouissement de l’individu délivré.  En 1909 Gide fonde avec quelques amis la Nouvelle Revue française, qui allait devenir la plus importante revue littéraire française du siècle. A la veille de la Grande guerre, après un questionnement autour de la religion, il écrit les Caves du Vatican (rupture avec Paul Claudel). Après que Madeleine, son épouse et son amour de jeunesse eut brûlé ses lettres, la douleur ressentie lui fait écrire la Symphonie pastorale (1918).  Au cours des années 1920 paraissent les ouvrages majeurs de Gide, qui font de lui le « contemporain capital ». Il explore la psychologie humaine et remet en cause la notion même de l’homme de son temps.  Ainsi  Corydon (1924) entend démontrer le caractère naturel de l’homosexualité ; les Faux-monnayeurs (1925) renouvelle le genre romanesque. Après un long voyage en Afrique noire, il publie Voyage au Congo, le Retour du Tchad qui dénoncent le système colonial.  Gide s’engage plus encore sur le terrain sociopolitique. Il formule dans son Journal sa sympathie pour l’Union soviétique. Les Nouvelles Nourritures (1935) marquent un élargissement par rapport aux Nourritures terrestres : pour s’épanouir et être heureux, l’individu a besoin du bonheur de tous. Après un voyage en Russie soviétique, il en rapporte une amère désillusion et Retour de l’U.R.S.S. (1937), est une rupture avec le stalinisme. Pendant la Seconde guerre mondiale, il vit en Afrique du Nord. De retour en France en 1945, il rapporte d’Alger son testament, Thésée dont le héros, se dit content : il est resté enfant de cette terre, lucide et attentif aux hommes ; il a fait son œuvre. Pour le vieil écrivain, pour l’immoraliste qui n’a cessé de lutter contre les idées reçues et l’ordre établi, c’est maintenant la gloire officielle.

Quatrième de couverture : … dans ces pages qui ne visent pas à l’audace mais à l’honnête examen d’un état de fait qui dure depuis la plus haute antiquité, André Gide aura-t-il combattu pour que l’homosexualité ne fasse pas de l’homme un «contrebandier» de la cité, réprouvé aux yeux du monde comme un rebut de la morale. Et par-dessus tout, transperce une joie de vivre et d’assumer son individualité telle qu’elle est. À l’image de ces quatre dialogues avec Corydon, le médecin des âmes, Gide aura enfin démontré la prééminence des rapports sans équivoque entre les êtres.

Poids 148 g
Dimensions 3 × 12 × 18 cm