Aperçus biographiques : (1868-1955), troisième et dernier enfant d’une famille assez aisée de fonctionnaire. Ses sœurs aînées sont la célèbre sculptrice Camille et la pianiste Louise, moins connue.  Il a eu la révélation de la foi catholique à 18 ans, ce qui marquera son œuvre, sa vie. Après des études de droit, il s’engage dans la carrière diplomatique. Elle débute en 1893 aux Etats-Unis, Puis, il sera aussi nommé en Chine, au Japon pour finir en Europe à Bruxelles en 1936. Paul Claudel a une liaison avec Rosalie Ścibor-Rylska, épouse de Francis Vetch, entrepreneur et affairiste. Il la rencontre en 1900 sur le bateau qui l’amène avec son mari en Chine, et a une fille naturelle, Louise Vetch (1905-1996) qui sera compositrice et cantatrice. Il se mariera en 1906 avec Reine Sainte-Marie-Perrin et auront 5 enfants. A côté de sa carrière diplomatique, il poursuit son œuvre de poète et de dramaturge commencée dès 1886 par un poème « Pour la messe des hommes ». Jean-Louis Barrault mettra en scène ses pièces comme le Soulier de satin.  Pendant la guerre d’Espagne, il apporte son soutien aux franquistes en dédiant un poème aux martyrs espagnols morts pour leur foi. Ce qui lui vaudra une réplique de François Mauriac qui lui reprochera de ne pas avoir écrit une ligne pour « les milliers et les milliers d’âmes chrétiennes que les chefs de l’Armée Sainte […] ont introduits dans l’éternité» ».

Introduction au livre : Le recueil ordonne une existence. Les Muses (I) s’achève sur la déflagration du monde contemplée par le couple adultère. À L’Esprit et l’eau (II), le poète pénitent accède à la vision de la Sagesse de Dieu. Le Magnificat (III), célèbre Dieu qui, par la conversion, a libéré le poète de ses ennemis (les philosophies et les esthétiques) et lui a donné une vie catholique. La Muse qui est la Grâce (IV), où le poète, tenté par la Grâce, refuse la « liberté », et s’en « retourne désespérément vers la terre ». Dans La Maison fermée (V), le poète communie dans la foi catholique avec tous les morts et tous les vivants.