Aperçus biographiques : Poète, dramaturge et romancier de langue française, il naît en 1884 à Montevidéo (Uruguay) où ses parents ont fait fortune. Orphelin à l’âge de 8 mois, sa grand-mère le recueille. Sa scolarité parisienne l’ennuie. Pour échapper à cette ambiance, il écrit des poèmes. Après son baccalauréat (1902), il vit mal son incorporation sous les drapeaux. Il suit un cursus universitaire en langues étrangères. Son mariage avec Pilar Saaverdra sera heureux et prolifique (6 enfants). Mobilisé pendant la Grande Guerre, il servira comme traducteur. Après la guerre, à l’abri du besoin grâce à la fortune familiale, il s’installe à Paris tout en effectuant des voyages en Uruguay. C’est à partir de cette période que son activité créatrice s’intensifie et se diversifie. En Uruguay au moment où la Seconde Guerre mondiale se déclare, il participe aux diverses revues de la France Libre. A son retour en France, en 1946, sa santé est défaillante. Ses poèmes portent alors la trace d’une fascination pour le corps humain. Avant de mourir en 1960, c’est un poète reconnu.  Si Jules Surpervielle s’est essayé à tous les genres littéraires, la poésie est son domaine de prédilection.

Notes sur le livre : Gravitations fut écrit en 1925. Il s’ouvre par un remarquable portrait de la mère du poète qui place d’emblée le lecteur dans une sorte de clair-obscur métaphysique : « Mère, je sais très mal comme on cherche les morts… »

Prairie

Le sommeil de mon cœur délie le nœud du jour
Il roule sourdement l’Europe et l’Amérique
Dont il éteint les phares
Et le chant des cigales.

Le passé, l’avenir
Comme des chiens jumeaux flairent autour de nous.