Aperçus biographiques : DANIÈLE SALLENAVE de l’Académie française
Grand prix de Littérature de l’Académie française (2005)
Danièle Sallenave naît à Angers en 1940. Fille d’instituteurs, elle devient un écrivain renommé dans les années 80 et publie romans, pièces de théâtre et essais. Traductrice de l’italien, professeur de lettres et d’histoire du cinéma à l’université entre 1968 et 2001, elle écrit pour « Le Monde » et plusieurs revues (« Les Temps Modernes » et « Le Messager européen »). Depuis 2009, elle tient une chronique hebdomadaire sur France Culture.
Danièle Sallenave jouit d’une grande reconnaissance dans le monde des lettres. Elle remporte le prix Renaudot en 1980 pour « Les Portes de Rubbio », ainsi que le Grand Prix de littérature de l’Académie française en 2005 pour l’ensemble de son œuvre. Six ans plus tard, en avril 2011, elle est élue membre de cette institution. Elle fait également partie du jury du Prix Femina.
En 2009, elle développe une réflexion sur la lecture avec « Nous, on n’aime pas lire », fruit de sa rencontre avec les élèves et les enseignants d’un collège. Depuis, elle a prolongé ce dialogue avec les enfants et les jeunes en explorant les enjeux de la fiction dans « Pourquoi écrit-on des romans ? » paru en 2010 ; et en fondant l’association « Silence, on lit ! ». Sources : http://www.gallimard.fr/Contributeurs/Daniele-Sallenave

Quatrième de couverture : «Prague. Je me suis arrêtée sur le trottoir mouillé, je relève mon col en surveillant de l’œil l’arrivée d’un convoi de nuages chargé de pluie ; je tâte dans ma poche des tickets de bus. Par les fenêtres voilées d’un café, des têtes se découpent sur un fond de lumière orange et un bruit de musique disco. De l’entrée d’un immeuble parvient une odeur de viande bouillie, de charbon, de chou, de vieux linge, je passe. Je vais vers le fleuve et les ponts. Les premières lumières s’allument. La brume au-dessus de l’eau, chargée de jaune et de bleu par les échappements acides, sert de fond aux architectures de nuages qui doublent de leur fugitive et menaçante matérialité les coupoles, dômes, tours Renaissance et flèches noircies. Un tram remonte en grinçant la rue Nationale, vidée par le dimanche, brillante et noire après la pluie. Les nuages qui roulent au-dessus du toit doré du Théâtre parlent d’orages lointains, d’invasions, de guerre ; ils éveillent en moi l’idée d’une résistance impossible et désespérée.
Est-ce que je ne ferais pas mieux de partir ? Qu’est-ce que je fais là ? Je pourrais être en ce moment à Rome, monter la douce courbe du Pincio ; ou chez moi, place d’Aligre, dans un café somnolent.
Mais non, je suis là. C’est là que je dois être.»
Danièle Sallenave.

Poids 338 g
Dimensions 21 × 3 × 14 cm